Rome, en l'an 69 avant J.-C. Batiatus, le directeur d'une école de gladiateurs de Capoue, rachete l'esclave thrace Spartacus pour lui apprendre a combattre et a mourir dans l'arene. Mais le jeune gladiateur refuse de se soumettre et prend la tete d'une révolte, regroupant des dizaines de milliers d'esclaves. A eux tous, ils infligent une défaite a l'armée du Sénat. Furieux d'avoir vu l'un de ses protégés etre roué de coups par les insurgés, Crassus accepte de mater cette insurrection... Grand spectacle Spartacus connut un tournage orageux, a l'image de la rébellion qu'il met en scene. Figurant sur la liste noire des professionnels d'Hollywood désignés comme politiquement suspects par les zélotes du maccarthysme, Dalton Trumbo avait écrit le script sous un pseudonyme. Indignés par cette mise a l'index, Charles Laughton et Peter Ustinov révélerent l'affaire a la presse, ce qui contraignit la production a rétablir son nom au générique. Auparavant, le réalisateur Anthony Mann avait quitté l'aventure, exaspéré par les ingérences de Kirk Douglas - acteur principal et commanditaire du film. Celui-ci engagea a sa place le jeune Stanley Kubrick, qui venait d'abandonner un tournage en raison du meme type de différend, avec Marlon Brando cette fois. D'un bout a l'autre de ce film fleuve, porté par l'efficacité hors pair du grand spectacle hollywoodien, l'esclave magnifique et ses compagnons nous communiquent leur jubilation a secouer un joug devenu insupportable, leur rage et leur souffrance quand la révolte est réprimée. Ce premier péplum adulte de l'histoire du cinéma reflete l'engagement du tandem Douglas-Kubrick. A travers la condition des gladiateurs, ils entendaient faire le proces d'une moderne tyrannie et des manipulations politiques. Le tournage en CinemaScope et le casting époustouflant contribuent aussi a la force épique du film.