En cette chaude matinée d'été, Richard Sherman se mele a la foule d'hommes d'affaires venus larguer femmes et enfants a la gare pour les vacances. Alors que les fauves a l'affut de chair fraîche sont lâchés, cet éditeur de livres de poche, marié depuis sept ans, ne cesse de le répéter : Pas moi ! Mais, de retour chez lui, il a la surprise de croiser sa nouvelle voisine, d'une sensualité renversante. Lorsque la demoiselle manque de le tuer en faisant tomber un plant de tomates sur son transat, Richard flanche aussitôt et lui propose de venir boire un verre dans son appartement climatisé... Obsessions et conventions Adaptant, avec son concours, une piece de théâtre de George Axelrod, le génial Billy Wilder étrille une société américaine qui ne pense qu'a ça derriere son puritanisme de façade. Dans un New York caniculaire, Richard (Tom Ewell), en proie a la démangeaison des sept ans - théorisée par un psychiatre dont il a reçu le manuscrit -, a toutes les peines du monde a se contenir devant l'éblouissante créature en quete de fraîcheur qui a pris ses quartiers a l'étage supérieur. Face au malentendu, les gesticulations du héros, de meme que les scénarios échafaudés par son cerveau en surchauffe, donnent lieu a une cascade de situations gaguesques. Car ses fantasmes comme ses peurs (du ridicule, auquel il n'échappera pas, du qu'en-dira-t-on, du courroux de son épouse...) se matérialisent dans des parentheses drolatiques ou le réalisateur s'amuse a pasticher le cinéma de l'époque, du mélo au film noir. Si Billy Wilder a renié le résultat, édulcoré par la censure, cette comédie en Cinemascope n'en demeure pas moins délectable, en premier lieu grâce a la présence de Marilyn. A l'instar de l'iconique scene de la robe soulevée au-dessus d'une grille d'aération du métro, l'actrice, dont le sex-appeal se pare ici de burlesque, fait dérailler le thermometre avec une irrésistible ingénuité.