Premier antihéros de l'histoire des séries, Columbo est aussi l'un des rares personnages de télévision a etre devenu une icône internationale. Mais si, de 1968 a 2003, plus de deux milliards de téléspectateurs dans le monde ont suivi ses enquetes sur le petit écran, une infime partie d'entre eux connaît le nom de celui qui l'a incarné. Disparu en 2011, Peter Falk s'est si bien approprié le rôle qu'il en est venu a se confondre avec ce dernier. L'imperméable froissé, il l'a tiré de sa propre penderie, avant de choisir lui-meme son véhicule, une vieille Peugeot abandonnée dans un studio par un Français de passage. Et une fois la premiere saison lancée, en 1971, ce déja gros fumeur se mettra au cigare mâchonné. Quant a l'irrésistible dissymétrie du regard - la pupille droite fixe semblant confondre le coupable, la gauche plissée en signe de fausse perplexité -, elle procede d'une trouvaille d'acteur pour surmonter un handicap d'abord jugé rédhibitoire par l'un des patrons d'Hollywood : la perte, a 3 ans, d'un eil, remplacé par une prothese. Symbiose Mi-biographie, mi-enquete policiere, ce portrait malicieux et alerte, a l'image d'un acteur qui ne s'est jamais pris trop au sérieux, raconte comment s'est fabriquée, au fil des saisons, la symbiose unique entre Peter Falk et son double de fiction. Mais il rappelle aussi que ce natif du Bronx, qui a embrassé sur le tard, a 29 ans, le métier de comédien, a joué dans d'innombrables pieces de théâtre et films - notamment pour Nicholas Ray, Frank Capra, Blake Edwards, William Friedkin, Wim Wenders, et surtout pour son ami John Cassavetes, qui lui a donné ses plus beaux rôles dans Husbands (1970) puis Une femme sous influence (1974). Archives, extraits de films et entretiens ressuscitent le vrai Columbo dans toutes ses dimensions.