Cathy, 59 ans, vient de perdre son mari. Le jour des obseques, elle reçoit sa famille. Son fils Jason croit l'aider énormément en repassant lui-meme sa chemise. Nerveuse, Cathy encaisse avec moins d'aménité que d'habitude les piques de Pauline, la compagne de son frere, au snobisme pathologique. Elle fait aussi la connaissance de Kelly, la petite amie de son fils, qui, avec une ingénuité désarmante, commet impair sur impair. Comme toujours, Maureen et Reg, ses beaux-parents gâteux mais dotés d'une solide répartie, arrivent en se chamaillant. Pendant ce temps, Michael, un vieil ami, attend qu'on veuille bien le délester du magnifique bouquet de fleurs qu'il a apporté. Passions et tracas quotidiens Un grand benet de fils et sa petite amie gaffeuse, aussi coupés des réalités que les beaux-parents, qui, eux, ont officiellement perdu la tete, un frere affectueux mais un peu balourd, une belle-seur imbuvable : pour affronter le deuil dans son hospitalier pavillon de banlieue, la douce Cathy (délicieuse Lesley Manville, vue dans River sur ARTE), incarnation du tact anglais, n'est pas parfaitement entourée. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de l'ami Michael, dont elle est bien la seule a ignorer qu'il est éperdument amoureux d'elle. Dans cette sitcom douce-amere ou l'on rit souvent jaune, chaque épisode correspond a un mois de l'année, a l'exception d'une derniere ligne droite explosive concentrée sur une semaine. Mum se délecte de l'inconfort mais aussi de la tendresse des relations familiales. Par petites touches, l'intrigue suit la trajectoire d'une femme senior, qui apprivoise sa nouvelle vie, montrant a ses proches qu'a 60 ans celle-ci n'est pas finie. Ancrée dans un quotidien des plus prosaiques, Mum sait néanmoins faire jaillir de cette banalité passion, cruauté et romantisme. A cet égard, Peter Mullan (Top of the Lake) compose un irrésistible Michael a la fougue contenue. Dorothy Atkinson (Pauline), en peste snobinarde mal dans sa peau s'ingéniant a tourmenter son compagnon, n'est pas mal non plus.