Depuis 2025, la silhouette penchée du minaret de la mosquée Al Nouri s'éleve de nouveau dans le ciel de Mossoul, non loin du clocher de l'église Mar Toma. Au nord de l'Irak, la deuxieme ville du pays retrouve son identité plurielle, meurtrie par trois ans d'occupation par Daesh puis de guerre. Alors qu'en 2017 son centre historique était anéanti par les bombardements, des experts du monde entier se sont depuis mobilisés pour le reconstruire. Six ans de travaux pour les monuments les plus emblématiques, menés sous l'égide de l'UNESCO, de l'euvre d'Orient et des autorités irakiennes. Bâtie sur les rives fertiles du Tigre, face a l'ancienne capitale assyrienne Ninive, Mossoul était réputée pour sa tolérance et son multiculturalisme. Avec l'émergence des religions monothéistes, elle s'impose des les premiers siecles de notre ere comme un lieu de coexistence entre communautés chrétienne, juive, yézidi et musulmane. Cette diversité confessionnelle l'a dotée d'édifices emblématiques, de la grande mosquée Al Nouri érigée en 1172, a l'église Al-Tahira, lieu de culte de la communauté catholique syriaque depuis 1862 ou celle, orthodoxe, de Mar Toma. Ravagé par les djihadistes, un patrimoine inestimable auquel les Mossouliotes sont intimement attachés et qu'ils ont voulu voir renaître de ses cendres. Un défi technique et humain, relevé grâce a une collaboration extraordinaire, entre des architectes, des archéologues et des restaurateurs, des artisans qui ont pu renouer avec des savoir-faire oubliés. Il a fallu reconstituer les décors en albâtre, le marbre bleu de Mossoul, former de jeunes Mossouliotes, dont nombre de femmes, a de nouveaux métiers. Des vestiges, des salles et des peintures cachées, débusqués pendant les travaux, ont livré de précieuses connaissances aux scientifiques. L'âme retrouvée De la poussiere a la lumiere, c'est l'histoire d'une renaissance porteuse d'espoir pour les habitants, qui avaient du fuir leur ville martyre. Grâce au programme Faire revivre l'esprit de Mossoul, l'un des plus ambitieux jamais menés, l'âme de la cité ressurgit des ruines. Il m'a semblé passionnant de reconstruire les monuments pour aider la communauté a se remettre d'un conflit aussi violent, confie Maria Rita Acetoso, architecte nommée responsable de la gestion des chantiers des reconstructions UNESCO, habituée aux zones de guerre. Au ceur du Moyen-Orient, l'entreprise a valeur de symbole. En suivant la minutieuse reconstitution de ce puzzle géant, ce documentaire revient sur l'histoire de Mossoul, au carrefour des routes marchandes au Moyen Âge, puis perle de l'Empire ottoman. Un passionnant éclairage sur cette ville mosaique, trop souvent réduite a un théâtre de guerre.