Ouvrier agricole venu de Corée, Jacob a quitté la Californie avec sa femme et leurs deux enfants pour acheter un lopin de terre en Arkansas. Il espere y cultiver les légumes de son pays natal et les vendre a ses compatriotes, installés en nombre sur la terre de l'oncle Sam. Alors que le président Ronald Reagan vante les vertus de la libre entreprise, le jeune pere de famille croit dur comme fer au reve américain. Mais son épouse Monica, elle aussi expatriée, se désespere de devoir vivre dans un misérable mobile home, et se montre sceptique quant a la fiabilité du projet. D'autant que David, leur fils cadet, a le ceur fragile et qu'ils sont loin d'un hôpital. Désemparée, Monica décide de faire venir sa mere depuis Séoul pour vivre sous leur toit. Profondément attachants Posant un regard presque documentaire sur son sujet, le cinéaste américano-coréen Lee Isaac Chung tisse une chronique intergénérationnelle émouvante et tres personnelle, largement inspirée du vécu de sa propre famille d'émigrés, qui lui vaudra six nominations et une victoire aux Oscars. Il livre une belle réflexion sur le déracinement, le désenchantement et les identités culturelles multiples, a travers le portrait de personnages profondément attachants - notamment parmi les seconds rôles : le voisin Paul, gentil fou de Dieu qui prete main-forte a Jacob dans les champs ; ou Soon-ja (formidable Youn Yuh-jung), cette drôle de grand-mere qui jure comme un charretier, et apprivoisera le petit David malgré la défiance initiale de ce dernier. C'est la vieille dame qui a ramené dans ses bagages des graines de minari, une herbe coréenne qui prendra racine, tant bien que mal, dans le sol ingrat de cette terre d'adoption.