Avril 1976. Le jeune avocat Georges Kiejman doit défendre Pierre Goldman, militant d'extreme gauche condamné en premiere instance a la réclusion criminelle a perpétuité pour quatre braquages a main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Mais a quelques jours de ce second proces aux assises d'Amiens, le provocateur Goldman, caractériel, se montre de plus en plus hostile a son défenseur, jusqu'a souhaiter le dessaisir. Alors qu'il risque la peine capitale, il rend l'issue du proces incertaine. Écorché vif Avec la reconstitution de ce fameux proces, Cédric Kahn tire le portrait d'une époque a son crépuscule, celle des élans révolutionnaires des années 1960-1970. Alors que les eighties imposeront bientôt leur cynisme matérialiste, les dérives de Pierre Goldman, demi-frere du chanteur, illustrent l'échec des utopies libertaires finissant en impasse dans le prétoire d'un tribunal d'assises. Hâbleur, insoumis, en perpétuelle colere contre les institutions (surtout policieres), celui qui était devenu l'icône de la gauche intellectuelle - et qui sera assassiné a Paris en 1979 - apparaît pourtant comme un écorché vif hors du commun, pétri de valeurs et de faiblesses paradoxales. Autour de ce fascinant pôle magnétique, le réalisateur de Roberto Succo et d'Une vie meilleure compose un huis clos de tres haute volée, ou le spectateur voit son intime conviction vaciller au rythme des offensives de la défense ou de l'accusation. D'une puissance presque animale, l'interprétation d'un Arieh Worthalter volcanique, a la rébellion difficilement contenue par le subtil Arthur Harari en maître Kiejman, mérite amplement ses trois prix de meilleur acteur octroyés par le cinéma français en 2024.