Il est beau, puissant mais corrompu. Le commissaire Stefano Belli accepte de rendre un double service (payant) a Fontana, un avocat influent. Chef du service immigration, il devra retirer son permis de séjour en Italie a l'amante de Mino, le fils de Fontana, une mannequin britannique soupçonnée d'en vouloir a l'argent de la famille. Il aura aussi pour mission de se renseigner sur Romanis, le directeur d'une maison de disques, qui a promis a Mino un poste important en échange d'un investissement dans sa société. Mais le policier découvre le corps de Romanis des sa premiere visite et devient le jouet d'un engrenage dangereux... A l'ombre de la morale Tiré d'un roman de Ludovico Dentice, ce solide polar italien de la fin des années 1960 peint le sombre tableau d'un monde balafré d'individualisme ou chacun, avec un art consommé de la duplicité, joue son propre jeu sans aucun scrupule. Ni meilleur ni pire que ceux qu'il côtoie, le policier Stefano Belli fait figure de singulier pôle d'attraction pour le spectateur. Sur de lui, brutal avec ceux qu'il interroge (femmes y compris), ce flic véreux semble, comme un caméléon, prendre la couleur morale, l'habitus, des groupes sociaux qu'il integre. Peu sympathique et animé de penchants sadiques, mais courageux, le personnage joué par la star nationale Franco Nero (yeux bleu acier et magnétisme froid) fait preuve d'une énergie et d'une volonté jusqu'au-boutiste qui finissent par forcer une adhésion délicieusement malaisante. Ce jeu plaisant avec la conscience du spectateur fait d'Exécutions un objet a part, dans les marges du genre policier, souvent tres codifié.