Le 4 juillet 1776, les États-Unis déclarent leur indépendance et deviennent une nation fondée sur un idéal de liberté. Celui-ci s'incarne notamment a travers la conquete de l'Ouest, considéré comme une terre fertile ou la limite entre civilisation et sauvagerie doit etre sans cesse repoussée - un concept théorisé par Frederick Jackson Turner au XIXe siecle avec le mythe de la frontiere, régulierement cité par des personnalités politiques, jusqu'a l'actuel président Donald Trump. Autre pilier de l'identité américaine : le christianisme, et plus particulierement le puritanisme, la traversée de l'Atlantique étant perçue par les colons comme le nouvel exode du peuple élu. Ce récit contribue au déni des violences exercées sur les populations indigenes, victimes de génocide. Un deuxieme péché originel - expression qui sera entre autres utilisée par Joe Biden, reconnaissant la responsabilité de son pays - vient s'y ajouter : l'esclavage, qui débute en 1619 avec l'arrivée du navire White Lion. L''égalité proclamée dans la Déclaration d'indépendance ne concerne en effet que les hommes blancs - en sont exclus les Afro-Américains, les peuples autochtones et les femmes. Valeurs contradictoires Grande traversée des deux siecles et demi d'existence des États-Unis, ce documentaire en deux parties interroge les valeurs et les forces contradictoires a l'euvre dans la nation américaine, a la lumiere de la seconde présidence Trump et autour de quatre fils rouges : l'idéal de liberté, la prééminence de la religion, le reve américain et l'amour de la patrie. Nourri des éclairages d'une dizaine d'experts, dont les historiens Volker Depkat et Jasper M. Trautsch, la journaliste d'investigation Nikole Hannah-Jones ou encore la chercheuse Melani McAlister, le film explore aussi le pouvoir de fascination, ou de répulsion, du mythe américain.